Le corps-espace
Tout être vivant ou toute chose évolue en ce moment dans un environnement. La chaise sur laquelle je suis assis, la fenêtre qui m’offre la vue sur les toits, les rideaux, la bouilloire, la mouche sont tous dans cet environnement. La grue au loin. Le nuage. Le linge qui sèche en virevoltant dans la brise. Les antennes satellites. La végétation. Les poissons que l’on nourrit au débarcadère. Tiens, les poissons, sont-ils dans l’eau comme le dit l’expression idiomatique? Mes tranches d’ananas, si sucrées de ce matin, appartenaient-elles à ce sac en plastique lisse et brillant? Cet oiseau, que chante-t-il? Pourquoi? Les femmes, hommes et enfants de ce quartier, sont-ils dans leur élément? Comment se sentent-ils? Je sais comment sentent ces ruelles bordées de détritus et de canaux pollués, mais alors pourquoi prennent-ils le temps de balayer devant chez eux? Faire la lessive? Se brosser les dents? Prendre soin de leurs enfants? Est-ce que, lorsque l’on se sent appartenir à son environnement, celui-ci disparaît? Ou est-ce l’inverse?