Je t’appelle égoïstement mon Paris. Tu es ma plus vieille amie, celle qui m’a vu naître, qui m’a fait grandir, m’a appris le français et le goût du pain. À chaque visite, c’est la joie des retrouvailles, je suis à toi, tu m’emmènes dans tes artères, ravives mon regard d’enfant et me présente à tes amis.

Hier soir, nous étions sur une de tes terrasses à la rue de Charonne. Nous partagions un demi, quelques tranches d’andouillette et le plaisir gamin de railler un serveur surmené.

Quelques heures avant, je contemplais ton ciel qui était tout sauf voilé. Des heurts après, ma bonne étoile m’avait raccompagné et cent-trente toi de Paris se sont effondrés.

J’entends encore tes cris dans le silence coupable de ma photographie… Mon Paris, ris ! C’est comme ça que tu es belle — quand ton insouciance fait fi de la connerie d’autrui.

— Un ami qui te voit du bien