Quatre mars deux mille vingt, j’attends pour embarquer. La fin d’un voyage annonce toujours le début d’un autre. Sur le trajet pour l’aéroport, la conductrice du taxi a désinfecté son volant quatre fois. Ses gestes décrivaient son stress et pendant que l’horizon de Bangkok semblait me faire des adieux, j’ai passé le temps du trajet à faire des photos désinvoltes à travers la fenêtre pour faire comme si tout était normal. Genève m’avertit qu’elle connaît ses premiers cas. Cas de quoi? me dis-je. Je reste impassible devant mon ignorance. J’ai besoin de comprendre ce qui est en train de dérailler. Agir sans comprendre, c’est réagir. Je veux répondre, pas réagir. Arrivé à la porte d’embarquement, je cherche en vain des regards rassurants. Je ne vois que cet homme qui s’est retiré dans sa bulle. À l’arrière-plan, l’architecture semble étrangement le suivre pendant que personne n’a la moindre idée de ce qu’on va bientôt vivre.