J’ai vécu en ville pendant la majeure partie de ma vie. C’est devenu ma nature. Je ne connais pas l’obscurité complète, le silence absolu, ni l’isolement total — encore moins ici. Bangkok est la ville-monde qui concentre toutes mes expériences urbaines y compris celle de la mièvrerie helvétique. J’aime son chaos, sa vérité et sa façon toute particulière de me garder vivant. Une ville est souvent le passage obligatoire d’un voyage. C’est en elle que l’on peut mesurer les forces qui unissent ou qui éloignent; c’est où on peut observer l’espace entre les gens. C’est un laboratoire des ensembles et des conjugaisons humaines. C’est où on trouve le plus large delta entre ceux qui se lèvent et ceux qui s’élèvent; entre ceux qui font et ceux qui font faire; entre ceux qui rêvent et ceux qui ne savent plus.