Il me semble y être. Je le sens. Cette fois il m’aura fallu cinquante jours pour arriver au point médian entre celui que j’étais et celui que j’aspire à être, à savoir : celui que je suis. C’est le point de liberté vraie, celui où presque rien n’a d’emprise, sinon encore quelques moustiques. C’est le moment où la partition se joue par elle-même ; où la fleur éclot pour offrir ses effluves ; où l’on ne possède rien, c’est-à-dire tout ; où la terre et le divin se rejoignent ; où l’horizon est sous nos pieds ; où on est d’accord de ne pas être d’accord ; où la monnaie est celle de l’échange.

Quand je parle de divin, je ne parle pas d’un homme barbu qui serait quelque part assis sur mes croyances et les restes tenaces de catéchisme qui m’habitent encore. Je parle de ce feu ardent qui illumine mon intérieur, de cette école qui vit en mon sein et dont j’ai si peu fréquenté les bancs, par ignorance, par peur, par paresse, par désintérêt, par distraction, par toutes les raisons que je me suis inventées ou qu’on m’a imposées très tôt dans mon existence.