On pourrait facilement oublier qu’avant chaque jour existe un matin. La veille, un repas seul ou entre amis, une bière fraîche à la tombée de la nuit pour noyer la culpabilité d’avoir été une fois de plus oisif, un retour au bercail tôt, une connerie sur Netflix, un petit coup de clim pour rafraîchir la chambre, la nuit s’efface, rien se passe, le réveil ne sonne pas, un rêve abscons se prolonge, nous tient dans les draps, puis, sous la pression d’aucune obligation, on ouvre finalement les yeux pour découvrir qu’il fait déjà jour.

Les hommes ont aussi leurs matins. La veille, une vie seule ou entre faux amis, une mise en bière à la tombée d’une nuit noie la culpabilité d’avoir été une fois de plus oisif, un retour à la réalité trop tôt, une connerie sur Nightflix, un petit crime qui aurait refroidi la chambre, le bruit s’efface, rien ne se passe sinon un rêve abscons qui se prolonge et nous tient dans de beaux draps jusqu’à finalement, sans aucune obligation, ouvrir nos yeux sur ce que nos jours avaient d’heureux.