Friends of God
Je pense souvent à Adakkan. Ce n’est pas parce que la terre a récemment tremblé en Colombie ou que l’alerte tsunami a retenti au Japon; ce n’est pas non plus parce que j’ai ressorti ses lettres du carton qui était sous mon lit; et, encore moins parce que je n’ai plus de lit pour oublier dessous les missives de mes rencontres de voyage laissées sans suite. Je pense à lui parce qu’il est présent.
Pourtant, l’amitié de voyage ressemble souvent à du chewing-gum: la distance fait qu’elle s’étire jusqu’à une fatale rupture. À l’heure de ce récit, Adakkan a probablement rejoint les dauphins, mais ce qu’il m’a laissé est probablement la plus belle manifestation du lien qui ne meurt jamais. Je ne parle pas de ses lettres, fragments de notre rencontre éphémère, mais de tout son être qui résonne dans l’infini.