Y’en a pas

L’amitié de Charlie se méritait. Chaque fois qu’il déménageait quelque part dans ce monde, il m’écrivait et, peu de temps après, je rappliquais. Cette fois, son message fut lapidaire: « Mexico mañana. » Quelques semaines plus tard, sans trop réfléchir, je prenais la route pour aller retrouver notre amitié, celle qui était née quelques années auparavant sur une plage du Kenya.

Il m’a d’abord fallu affronter l’immensité de Mexico. Le survol des bidons villes en périphérie de la métropole était si long que j’ai cru que l’avion tournait en rond. Dix, vingt, peut-être trente minutes plus tard, nous atterrissons dans cette ville d’une envergure que j’avais jusqu’alors peu connue. Après une nuit dans un hôtel confortable du centre et une balade glaciale sur le bus à deux étages pour touristes — question de dire que j’avais vu quelque chose —, je devais prendre la direction de la côte ouest pour ce qui ressemblait, dès le départ, à un jeu de piste.